Souvent sujet tabou, la mort est un thème complexe, difficile à aborder. Beaucoup sont d'ailleurs les adultes à ne pas comprendre comment un tel sujet peut être traité dans les livres jeunesse (trop triste, trop loin de leur monde). Pourtant, les enfants connaissent la mort, et quoi qu'on en dise, elle fait bel et bien partie de leur quotidien (images de tués ou de crimes à la télévision, perte d'un animal ou d'un proche).

Alors, comment leur annoncer la perte d'un proche, comment aborder le sujet avec des mots simples et adéquats, comment les aider à affronter cette étape quand,nous, adultes sommes déjà parfois si mal préparés ou plongés dans notre chagrin ?

Il est en tout cas inutile, voir dangereux de cacher la mort à un enfant. Lui mentir ou fuir ses questions ne ferait que le traumatiser. L'enfant pourrait s'imaginer plus que nécessaire. Le livre permet donc aux parents de trouver les mots adéquats, selon son âge et son niveau de compréhension. 

 

Comment l'enfant et l'adolescent perçoivent la mort selon leur âge ?

Entre 8 et 12 mois, au moment de la " crise de séparation " avec la mère, l'idée de " fin " fait déjà son chemin dans la tête du tout petit. Pour lui, la mort est pareille à l'absence.

A 2 ans, il commence à prononcer le mot " mort " dans ses jeux mais cette notion reste encore confuse pour lui. La mort correspond à cet âge davantage à celle des contes de fées, un long sommeil dont on est délivré par un baiser ou une parole magique.

Vers 3 ans, l'enfant voit la mort comme l'arrêt des fonctions de la vie : on ne peut plus parler, manger, courir...

Ce n'est que vers 5 ans que le concept de mort devient plus concret chez l'enfant ; cependant, s'il comprend que la mort est irréversible, il a encore du mal à l'accepter et il n'a pas encore conscience qu'il peut en être victime.

Ce ne sera qu'à l'âge de 8-9 ans qu'il va commencer à s'y intéresser et qu'il comprend que chacun est destiné mourir un jour ou l'autre.

Enfin, face à la perte d'un proche, le préadolescent et l'adolescent éprouvent un sentiment de crainte mais surtout de culpabilité.

Et comment la mort est-elle abordée dans la littérature jeunesse ?

Afin de ne pas brusquer les enfants de moins de 5 ans, les albums jeunesse traitant de la mort utilisent davantage des animaux comme héros plutôt que des humains. L'utilisation d'animaux apporte plus de douceur au thème et permet de ne pas perturber l'enfant.

A partir de 6 ans, les humains commencent à apparaitre plus régulièrement dans les albums. Les personnes qui décèdent sont souvent les grands-parents ou des personnes plus éloignées. Les enfants ont désormais conscience que les humains peuvent aussi mourir mais le sujet est toujours traité avec beaucoup de douceur et de délicatesse.

La mort est également parfois traitée avec humour dans les albums pour les plus petits. Utiliser l'humour pour évoquer la mort peut paraître choquant à première vue mais en réalité, il joue un grand rôle dans le travail de deuil. Il permet de dédramatiser la mort qui n'est en fait qu'un passage obligé dans le cycle de la vie, et de mieux surmonter l'épreuve difficile de deuil.

Aux environs de la préadolescence et de l'adolescence, les sujets deviennent plus tristes, plus sombres. Les personnes qui décèdent sont les meilleurs amis, des jeunes, ou les parents.

On observe donc une différence dans la façon d'aborder le sujet selon la catégorie d'âge. Néanmoins, tous ces livres ont un point commun : le deuil, abordé avec sa phase de tristesse, de colère, de questionnement, de nostalgie pour laisser place à l'avenir. 

Des documentaires qui traitent de la mort et du deuil

Véritables outils pédagogiques, les adultes trouvent dans les documentaires jeunesse une véritable aide pour trouver les mots adéquats face aux questions des enfants par rapport au thème de la mort. On aborde le thème de la mort par rapport à la vie, pourquoi on meurt, comment ceux qui restent vivent cette étape, que se passe - t- il après la mort ? Il est important d'oser parler à l'enfant sans mensonges ni métaphores. Evitez d'utiliser des images pour évoquer la mort comme " elle est partie " ou " la mort, c'est comme un long sommeil ", l'enfant pourrait être traumatisé et confondre la notion de mort au sommeil ( peut parfois, surgir la peur de s'endormir et de ne jamais se réveiller...). Soyez vrai, oser parler vrai comme aime le dire Madame Dolto (qui a d'ailleurs écrit de très bons bouquins sur le sujet).

 

 

Pour aller plus loin :

Livres : 

CASTRO, Dana. La mort pour de faux et la mort pour de vrai. Paris : Albin Michel, 2000. (Questions de parents). p

DOLTO, Françoise. Parler de la mort. Paris : Mecure de France, 1999. (Le Petit mercure). p

DOLTO-TOLITCH, Catherine. Si on parlait de la mort. Paris : Gallimard jeunesse, 1999. (Giboulée). p

ENCREVE-LAMBERT, Marie-Hélène. La mort. Paris : Ed. Bayard, 1999. (La Vie de famille). p

HUISMAN-PERRIN, Emmanuelle. La mort expliquée à ma fille. Paris : Seuil, 2002.

OPPENHEIM, Daniel. Dialogues avec les enfants sur la vie et la mort. Paris : Seuil , 2000.

 

 

 

Sites  et articles de sites Web :

Université Lille 3-Charles De Gaulle. La mort d'un proche dans la littérature jeunesse. In Université Lille 3-Charles De Gaulle. Lille III jeunesse. [En ligne]. 2007 [consulté le 23 octobre 2009]. Disponible sur :

http://jeunesse.lille3.free.fr/article.php3?id_article=770